Posts Tagged 'BEA'

Java-J2EE est-il menacé de disparition ?

A travers ce titre provocateur, je veux mettre en évidence le fait que la plateforme Java subit des changements profonds, qui à terme, pourraient remettre en cause sa position de technologie dominante. Au lendemain du rachat de BEA par Oracle, le paysage des éditeurs de logiciels Java se retrouve profondément bouleversé. En effet, Oracle qui était à la traîne sur le marché des serveurs d’applications J2EE se retrouve propulsé par ce rachat au rang d’acteur de tout premier plan.

Au début des années 2000, le marché du serveur d’application était émergent. La spécification J2EE répondait parfaitement aux attentes lorsqu’il s’agissait de mettre en place le socle des futures applications Internet. Aujourd’hui, la plupart des entreprises ont déjà choisi leurs serveurs J2EE, parmi les principaux acteurs du marché (IBM Websphere, BEA Weblogic, Oracle Application Server, …) et nombreuses sont celles qui commencent à considérer ces produits comme une simple commodité. Cela explique le nombre significatif de sociétés qui envisagent de migrer vers des solutions Open-Source nettement moins coûteuses.

Dans ce contexte, le rachat de BEA par Oracle, attise les convoitises et certains éditeurs de plateforme concurrente à J2EE n’ont pas hésité à saisir l’occasion pour faire parler de leurs outils. On peut par exemple citer :

Cependant les utilisateurs de BEA sont généralement satisfaits des produits de la gamme WebLogic. Mais cela va-t-il continuer ? Certains d’entre eux ne vont-il pas profiter du rachat pour reposer la question du choix de serveur J2EE ? Cela dépendra sans doute pour une large part de la stratégie retenue par Oracle. Les paris sont ouverts, WebLogic Server pourrait par exemple être conservé tandis que les produits d’intégration et de portail pourraient être davantage menacés.

Quelques soient les conséquences du rachat de BEA par Oracle, on constate déjà des tendances lourdes dans l’évolution de la plateforme Java / J2EE :

  • Une version 7 de J2SE qui va intègrer des concepts d’avant-garde tels que les closures alors même que les développeurs peinent à mettre à profit les nouveautés de la version 5 (generics, enumerations, boxing),
  • Une norme J2EE v5 qui tarde à être adoptée par certains éditeurs (IBM prend tout son temps pour l’implémenter) alors même que les solutions proposées en matière d’IHM Web (JSF) ne satisfont pas grand monde et que Java est loin de combler son retard sur .NET dans ce domaine,
  • Une communauté OpenSource qui propose des solutions bien souvent plus pragmatiques et plus rapides à développer (Spring, Wicket, GWT, SEAM) que celles préconisées dans la norme J2EE.

La plateforme J2EE, bien qu’à son zénith, voit s’accumuler de nombreux nuages à l’horizon, sans pour autant que SUN ne semble en tenir compte pour le moment. De toute évidence, le principe du conteneur lourd sur lequel la plateforme a été bâtie est en train de devenir une faiblesse, sans pour autant que nous puissions dire dès aujourd’hui quels seront les frameworks gagnants de demain.

Dans tous les cas, les principes de la plateforme J2EE ont du mal à se renouveler et ne satisferont bientôt plus les besoins des DSI. Les équipes d’architecture vont donc devoir commencer à regarder les nouvelles plateformes (Spaces, SCA, OSGi, …) pour assurer, à terme, l’évolution de leurs socles applicatifs.

Oracle et Sun : deux logiques de concentration, une confrontation à venir ?

Ce début d’année aura été riche en événements d’importance, au premier rang desquels les annonces concomitantes des achats de BEA par Oracle et de MySQL par Sun.

Oracle a finalement réussi à convaincre les actionnaires de BEA, au premier rang desquels Carl C. Icahn avec 13% des actions, à l’issue d’un marchandage que n’aurait pas renié un agent immobilier :

  • Je t’en offre 17 $ par action de ta société !
  • Quoi ? N’y compte même pas, tu es 4 $ en dessous !
  • Puisque c’est comme ça je laisse tomber, c’était la meilleure offre que tu pouvais trouver !

… s’ensuivent 3 mois de tractations pour aboutir à un prix qui au final, à 19.3 $, se trouve à mi-chemin entre les deux estimations. Classique, comme pour un achat immobilier.

Plusieurs facteurs ont évidemment été pris en compte pour aboutir à cet accord : les craintes de ralentissement de l’économie américaine, le fait qu’il n’y ait pas véritablement d’autres acheteurs pour BEA, mais pas forcément l’avis des clients de Weblogic et Aqualogic. Ces derniers vont entrer dans une phase d’incertitude au moins jusqu’à cet automne, avec l’attente de l’avis des autorités de la concurrence et les clarifications à venir au niveau des offres. Car si la base installée Weblogic et la qualité de la dernière version du serveur d’applications mettent cette partie de la gamme a priori à l’abri de trop fortes turbulences, les offres Aqualogic et Fusion sont en concurrence directe sur de nombreux points. Larry Ellison a d’ailleurs tenu à préciser que Fusion, basé sur des applications JEE "standard" ou presque, peut facilement tourner sur du Weblogic / JRockit, enlevant d’emblée tout avantage de cohérence de plate-forme à Aqualogic. Les chiffres internes de base installée, de revenus générés et les décisions de positionnement d’offre auront le dernier mot dans le redécoupage final. Dans le monde de l’intégration et de la SOA, la question est maintenant : quel est le prochain vendeur à acheter ?

Du côté de Sun, son achat de MySQL pour un milliard de dollars confirme sa réorientation lourde vers le logiciel open source, tournant de préférence sur des serveurs Sun. Si on peut se demander si il n’y a pas là aussi une concurrence entre les différents projets soutenus par Sun (Postgres, MySQL, Derby), on voit surtout une cohérence à venir entre le logiciel supporté commercialement, MySQL, et les serveurs à la réputation bien établie dans le domaine des bases de données… notamment Oracle.

L’arrivée du nouveau moteur transactionnel de base de données Falcon de MySQL, conçu dès le départ pour les architectures multi CPU /multi coeurs et capable d’utiliser au mieux les grandes quantités de mémoire vive pourra se faire idéalement sur les serveurs Sun à base de processeurs Niagara, multi thread par coeur, multi coeur par cpu et multi cpu par serveur. On peut raisonnablement penser que les mois qui viennent vont donner lieu à un investissement certain des ingénieurs de Sun dans l’optimisation de MySQL pour Solaris sur serveurs Tx, et parier sur quelque annonce d’un nouveau record de transactions par secondes par watt consommé, par exemple. Au risque de se fâcher avec Oracle ?

Ce risque est en fait assez faible, et l’histoire de Sun et Oracle a toujours été faite de hauts et de bas entre deux partenaires aux stratégies opposées mais aux tactiques communes. Il y a fort à parier que ces prochaines années, les plate-formes Sun seront toujours parmi les meilleures pour faire tourner Oracle …


Mises à jour Twitter

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire a ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par e-mail.

Rejoignez 29 autres abonnés

Catégories

Statistiques

  • 64,072 hits